Vous avez plusieurs années d’expérience derrière vous. Des projets, des missions, des responsabilités, des publics différents.
Devant vous : une page blanche et la question de ce que vous allez bien pouvoir y mettre.
Le problème n’est pas toujours de trouver quoi raconter. C’est souvent de décider ce que vous allez laisser de côté.
Le piège du catalogue
Quand on prépare un dossier professionnel, la tentation est grande de tout inclure.
Quinze ans de projets. Plusieurs établissements. Des partenariats, des actions hors les murs, des ateliers interdisciplinaires.
Tout développer risque pourtant de transformer le dossier en inventaire.
Un jury qui lit votre dossier ne cherche pas à mesurer la quantité de ce que vous avez fait.
Il cherche à comprendre comment vous pensez votre métier.
Ce que le jury lit entre les lignes
Un dossier professionnel, ce n’est pas un curriculum vitae enrichi.
C’est un document qui montre comment vous vous êtes construit comme professionnel, pas seulement ce que vous avez accompli.
La différence est importante.
Un jury peut être impressionné par un projet ambitieux. Il sera davantage convaincu par un professionnel qui sait expliquer ce que ce projet lui a appris.
Ce passage du « j’ai fait » au « voici ce que cela m’a révélé » , c’est souvent là que se joue la lisibilité d’un dossier.
Le pas de côté : les expériences courtes peuvent révéler davantage
Voici quelque chose que l’on dit rarement.
Une mission ponctuelle, un projet mené sur quelques semaines, une collaboration inattendue, ce type d’expérience peut parfois être plus révélateur qu’un engagement de plusieurs années.
Pourquoi ? Parce qu’une situation courte et inédite vous a peut-être obligé à improviser, à coopérer autrement, à remettre en question une habitude de travail. Ce sont ces moments-là qui montrent votre capacité d’adaptation, votre réflexivité., votre manière de faire face à ce qui ne se passe pas comme prévu.
Trois questions pour choisir
Plutôt qu’une liste de critères, voici trois questions à vous poser devant chaque expérience que vous envisagez d’inclure :
— Qu’est-ce que cette expérience permet de comprendre de moi en tant que professionnel ?
— En quoi cette expérience a-t-elle fait évoluer ma manière d’enseigner, de coopérer ou de me positionner ?
— Est-ce que je suis capable d’en parler avec précision, pas seulement de la raconter, mais d’en tirer une réflexion ?
Si vous répondez à ces trois questions de manière convaincante, l’expérience mérite probablement sa place dans le dossier.
Dans le cas contraire, elle peut rester dans votre mémoire, sans nécessairement figurer dans le document.
Ce que vous pouvez laisser de côté
Toute expérience n’a pas vocation à figurer dans un dossier professionnel.
Certaines sont importantes dans votre parcours, sans pour autant être utiles dans ce contexte précis.
Vous pouvez laisser de côté :
- Ce qui est redondant avec d’autres expériences déjà présentes.
- Ce qui est anecdotique au regard de ce que vous souhaitez montrer.
- Ce que vous ne sauriez pas analyser avec recul.
Sélectionner n’est pas trahir son parcours, c’est choisir ce qui permettra au jury de vous lire clairement.
Un dossier professionnel bien construit n’est pas un dossier complet. C’est un dossier cohérent, un dossier qui donne à lire un professionnel, avec ses convictions, ses questions et son évolution.
Et vous, quelle expérience avez-vous parfois du mal à laisser de côté, même en sachant qu’elle encombre peut-être plus qu’elle ne raconte ?