« Il y a très peu de postes. Est-ce que cela vaut vraiment la peine de me lancer dans une préparation ? »

Cette question revient souvent dans les échanges que j’ai avec des candidats au concours de professeur territorial d’enseignement artistique.

Elle est parfaitement légitime.

Préparer un concours demande du temps, de l’énergie et souvent un investissement financier pour financer une prépa. Lorsque le nombre de postes ouverts est faible, il peut sembler plus raisonnable d’attendre une session plus favorable.

Le raisonnement paraît logique :

Peu de postes = peu de chances de réussir.

Pourtant, la réalité d’un concours est un peu plus complexe.

Le nombre de postes ne suffit pas à mesurer vos chances

Pour évaluer vos chances de réussite, il ne faudrait pas seulement connaître le nombre de postes ouverts.

Il faudrait également savoir :

  • combien de candidats vont réellement s’inscrire ;
  • combien se présenteront effectivement aux épreuves ;
  • combien auront préparé sérieusement leur dossier ;
  • combien seront capables de défendre une véritable posture de PEA devant le jury.

Or, lorsque le nombre de postes annoncé est faible, beaucoup de candidats tiennent exactement le même raisonnement : « Cela ne vaut pas le coup. »

Certains renoncent à s’inscrire. D’autres s’inscrivent, tout en investissant peu dans leur préparation. D’autres encore commencent à travailler, puis se découragent avant le concours.

Il peut donc y avoir beaucoup de candidats administrativement inscrits, sans qu’ils soient tous réellement engagés dans la compétition.

Peu de postes ne signifie pas nécessairement peu d’opportunités

Soyons clairs : un faible nombre de postes ne rend pas le concours plus facile.

La sélection reste exigeante. Les candidats les plus solides seront présents. Et personne ne peut garantir qu’une baisse du nombre de postes sera compensée par une diminution équivalente du nombre de candidats.

En revanche, une session qui semble peu favorable peut décourager une partie des personnes susceptibles de se présenter.

C’est là que le raisonnement peut être inversé.

Si beaucoup de candidats décident de ne pas tenter leur chance, de repousser leur préparation ou de venir « pour voir », ceux qui choisissent de se préparer véritablement peuvent créer un écart.

La bonne question n’est donc peut-être pas uniquement : « Combien y a-t-il de postes ? »

Elle pourrait devenir : « Parmi les candidats présents, combien arriveront réellement prêts ? »

Ne vous éliminez pas avant le jury !

Face à un concours très sélectif, il est tentant de chercher des raisons objectives de ne pas se lancer.

Le faible nombre de postes en est une excellente.

Il permet de se dire que le résultat est joué d’avance et que l’investissement serait déraisonnable.

Pourtant, renoncer uniquement sur ce critère revient à s’éliminer soi-même avant même que le jury ait pu examiner votre parcours et vos compétences.

Vous ne maîtrisez ni le nombre de postes ni le niveau des autres candidats.

Vous pouvez en revanche agir sur :

  • la qualité de votre dossier ;
  • votre capacité à analyser votre expérience ;
  • votre compréhension des responsabilités d’un PEA ;
  • votre connaissance de l’environnement territorial ;
  • la cohérence de votre projet professionnel ;
  • votre capacité à répondre avec clarté et recul aux questions du jury.

Ce sont ces éléments qui méritent d’être placés au centre de votre décision.

« Mettre le paquet » ne signifie pas forcément tout miser sur une seule session

Décider de se préparer sérieusement ne signifie pas que toute la valeur de cette préparation disparaîtra en cas d’échec.

Le travail effectué peut vous permettre de :

  • mieux comprendre votre parcours ;
  • identifier et formuler vos compétences ;
  • prendre davantage de hauteur sur votre pratique ;
  • mieux vous projeter dans les fonctions de PEA ;
  • développer votre culture territoriale ;
  • gagner en aisance dans les situations d’entretien ;
  • repérer les points qui doivent encore être consolidés.

Ces acquis restent utiles pour une autre session, une évolution professionnelle, une candidature ou une prise de responsabilités, à condition, bien sûr, de ne pas envisager la préparation comme une accumulation de réponses à apprendre par cœur, mais comme un véritable travail de positionnement professionnel.

Faut-il alors préparer ce concours ?

Je ne pense pas que la réponse puisse être la même pour tout le monde.

Avant de décider, vous pouvez vous poser quelques questions :

  • Ai-je réellement envie d’exercer les fonctions de PEA ?
  • Suis-je prêt à consacrer du temps à cette préparation ?
  • Mon projet professionnel est-il suffisamment clair ?
  • Cette préparation me sera-t-elle utile au-delà de cette session ?
  • Si je ne réussis pas cette fois-ci, serai-je capable de considérer le travail accompli comme une étape plutôt que comme une perte ?
  • Est-ce le faible nombre de postes qui me fait hésiter, ou ai-je d’autres réserves sur mon projet ?

Si votre seul frein est le nombre de postes, il mérite sans doute d’être interrogé.

Car les années où peu de postes sont ouverts sont aussi celles où beaucoup de candidats peuvent décider de ne pas essayer ou de ne pas s’investir pleinement.

Le concours se joue aussi dans la manière de l’aborder

Il n’existe pas de « bonne année » garantissant la réussite.

Une session avec davantage de postes peut attirer beaucoup plus de candidats. Une session plus restreinte peut, au contraire, décourager une partie d’entre eux.

Dans les deux cas, les statistiques générales ne disent rien de votre niveau de préparation, de la singularité de votre parcours ni de votre capacité à convaincre le jury.

Il ne s’agit donc pas d’ignorer la réalité du nombre de postes. Il s’agit de ne pas lui donner le pouvoir de décider seul à votre place.

Finalement, la question n’est peut-être pas seulement : « Quelles sont mes chances d’obtenir le concours ? »

Mais aussi : « Est-ce que ce projet compte suffisamment pour moi pour que je décide de me donner une véritable chance ? »

Alors j’y vais ou j’y vais pas ? 😉

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